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A la plage, ta serviette tu déplieras et tes oreilles tu ouvriras

Par The SefWoman - vendredi 12 juillet 2013

A la plage, ta serviette tu déplieras et tes oreilles tu ouvriras

 

 

En cette fin d’année scolaire et pour clôre la deuxième saison de mes chroniques, j’ai décidé, telles ces émissions de télé qui, pour faire «vacances», plantent dans leur décor parasols, sable fin et chaises longues, de me mettre à l’heure d’été. Voici le top 3 des sujets qui vont faire fureur sur la plage. Chronique valable que vous ayez posé votre sac de plage à Frishman (Tel Aviv), à Deauville ou Juan-les-Pins.

 

 

 

LE BÉBÉ DE CHARLOTTE ET GAD

 

Tata Monette, Closer en mains, les pouces sur les seins de Kate Moss en couv pour ne pas émoustiller Ethan, 4 ans, qui fait des pâtés, n’en revient toujours pas : le petit gars du Maroc et la princesse du Rocher vont avoir un enfant.

 

Monette : Si c’est pas malheureux, une goy. Bon elle est princesse, mais elle est goy. Quand tu penses que ma nièce, Graziella, la fille de Dolly, elle a 38 ans et elle est pas mariée.

Maryse : Qui ? Celle qui habite à Montpellier ?

Monette : Non, la  brune.

Maryse : Mais elle pèse 170 kilos !

Monette : Et alors ? Ça peut changer. Regarde moi : j’ai refait la peinture du salon, changé les rideaux et recouvert le canapé en velours rouge, et ben j’ai l’impression d’avoir déménagé. C’est quoi, 3 fois rien et ça change tout. Faut juste un peu d’imagination.

Maryse : De l’imagination et un ByPass.

Monette : Ma voisine, elle l’a fait, elle a perdu la moitié de son poids. Son mari, il aime pas les maigres, il l’a quittée. Elle peut plus payer le loyer, elle m’a proposé de reprendre l’appartement, y a une chambre en plus.

Maryse : Oh…. C’est triste.

Monette : Ben oui, je viens de refaire le salon. Ça m’a couté 30. 000 anciens francs. Je vais pas déménager maintenant.

 

 

L’AFFAIRE TAPIE

 

 

Edmond, chemisette à carreaux embaumant « Pour un homme » de Caron, sirote une mauresque en terrasse face à la mer avec deux congénères, dont un rabbin. Après avoir vanté la Tunisie de leur enfance (la plage, la douceur de l’air, le linge aux fenêtres, les processions de la Ghriba…), les trois hommes ont mis la même énergie à la dénigrer. À bâtons rompus, la discussion s’est posée telle une mouche à merde sur l’affaire dite Tapie.

 

Edmond : Ils vont tout lui reprendre, je te mets mon billet. C’est plié.

Jojo : Mais arrête un peu ! Tout ça c’est pour atteindre Sarkozy. Il était trop proche des juifs, alors on veut lui faire payer !

Le rabbin : Pourquoi, Tapie il est juif ?

Edmond : Quel rapport ?

Jojo : Mon gendre, il travaille au ministère du Tourisme et il sait des choses.

Le rabbin : S’il est juif, je vais lui envoyer un petit mot de soutien. Les Habad ont bien été saluer DSK à New York…

Edmond : Le ministère du Tourisme ? Quel rapport ?

Jojo : J’peux pas en dire plus. Ça pourrait faire sauter la république. »

Le rabbin : La place de la République ? Mince… Déjà qu’on peut plus circuler en voiture, c’est ennuyeux, moi je donne un cours rue Meslay, le mardi.

Jojo : N’insistez pas. Je dirai rien. Pour les travaux de la synagogue payés de la main à la main au fils du président sans appel d’offre, j’ai rien dit, alors c’est pas maintenant que je vais parler.

Edmond : Mais quel rapport ?

Jojo : Moi je le vois très bien le rapport.

Le rabbin : Le maaser* sur 45 000 000 d’euros, ça fait combien ? Ouh… Il fait chaud ! J’ai la tête qui tourne…

 

 

L’ UMPTHON

 

 

23h. Fin de repas en terrasse du restaurant de la plage. Deux  couples bronzés et fripés comme des pruneaux d’Agen. Les enfants et les petits enfants sont à Miami, les hommes se battent au bar pour faire la carte bleue et les femmes refont le monde.

 

Colette : Maurice dépêche-toi, y a Gigi qui est parti aux toilettes pour régler l’addition, il est terrible ! Alors cours ! Enfin, pas trop, te casse pas le col du fémur quand même !

Annie : Laisse, ça nous fait plaisir. Tu as donné à l’UMP ?

Colette : Chuis embêtée… À Rosh Hashana l’année dernière au Kotel, j’avais promis que je ne donnerai plus qu’à des associations juives ou à Israël. Alors je sais ce que tu vas me dire, Copé, il est de chez nous, mais ça reste l’UMP. Moi je veux bien sauver Sarkozy, mais quand y a Hortefeux… À chaque fois qu’il passe à la télé, j’ai l’impression qu’on va me demander de prendre une valise avec deux trois changes et de monter dans le bus. C’est plus fort que moi. Ça ne passe pas.

Annie : Si on veut que Sarko revienne, il faut serrer les coudes ! Quand mon frère il a déposé le bilan, on s’est tous cotisés. C’est la famille. Ben là, c’est pareil. On a donné.

Colette : Combien ?

Annie : Ça me gêne. Et puis tu sais comment ça se passe. La dernière fois que Gigi a donné 5000€ à un gala, dans la soirée, on a reçu 6 textos d’appels aux dons. Les enfants malades, les soldats blessés, les femmes battues, les orphelins … Y a tellement de misère.

Colette :  … Et tellement d’associations.

 

 

The SefWoman

Ma philosophie se situe entre « A Kippour tout le monde pardonne, sauf moi » (Raymond Bettoun) et « Dieu n’existe pas, mais nous sommes son peuple » (Woody Allen)

 

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*maaser : mot hébreu issu du mot « eser » (chiffre 10), signifiant un dixième. Fait référence à la règle qui consiste à donner aux nécessiteux 10% de ses revenus.