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Présidentielle 2017 :
vous pouvez répéter le slogan antisémite ?

Par Tal Journo - mercredi 19 avril 2017

Présidentielle 2017 : </BR>vous pouvez répéter le slogan antisémite ?

 

Juifs ou flics ? La France est-elle antisémite ou délinquante (ou les deux) ? Une chose est sûre, à cinq jours du premier tour de l’élection présidentielle, la France est en campagne et elle se pose des questions existentielles. 

 

Tous les éléments nous mènent au crime parfait : une vidéo postée sur Twitter après une manifestation anti FN à Paris, une communauté juive à fleur de peau et surtout des voix à récupérer. Un « militant sioniste » relaie, s’exposant à une récupération démente du FN. Décidément, à une semaine du scrutin, toutes les alliances sont bonnes à prendre.

 

Jerem-FN-JewPop

 

Dans la vidéo, on voit donc un cortège défiler et scander un slogan qui, il faut bien l’avouer, prête à confusion à la première écoute. Toutefois, après un pschitt de Sterimar dans les oreilles, on se rend bien compte que le slogan en question n’est pas « Juifs, voleurs assassins » mais bien « Flics, violeurs, assassins », faisant référence à l’affaire Théo.

 

Mais sur Twitter, tout va vite, très vite, même pas le temps d’attraper la dernière boite de coton tige que le mal est fait. La fachosphère, en pleine chevauchée fantastique, menée par des cadres du FN dont Gilbert Collard et Jordan Bardella, s’est aussitôt emparée de la polémique, ne laissant aucune chance aux malheureux twittos et journalistes présents à la manifestation de crier à la fake news.

 

Jordan-Bardella-FN-Jewpop

 

N’oublions pas Gilles-William Goldnadel, qui a lui aussi tweeté la vidéo puis s’est justifié en expliquant que si la foule avait crié « flics » au lieu de « juifs », « ça n’en feraient pas moins de très beaux crétins ». Comprenez qu’il a commencé à surfer sur une polémique qui implique des « gauchistes » et que peu importe le propos, il ne peut pas s’arrêter en si bon chemin.

 

Goldnadel-FN-JewPop

 

Un classique du réseau social me direz-vous. Sauf que non, à une semaine du premier tour de la présidentielle, rien ne doit être laissé au hasard. Et avec ce genre de polémique, le problème est double :

 

1/ En tant que juif français, si on ne reconnaît pas un acte antisémite (fake news ou pas) on est un « collabo », un gauchiste voire un collabo gauchiste doublé d’un journalope des merdias.

2 /On se sent impuissants face à la volonté du FN de taper sur des « antifas » en surfant sur l’antisémitisme pour récupérer des voix. Et le pire, c’est que ça marche.

 

Qui sommes-nous, pauvres juifs français, pour nous opposer à cette belle volonté désintéressée du FN de nous aimer et de nous protéger face à la menace gauchiste et islamiste? Merci, mais non merci pour tout cet amour, on s’en passera !

 

Finalement, le FN, ça fonctionne un peu comme un vaccin. Injecter une dose d’antisémitisme un jour pour lutter contre le virus un peu plus tard. Le 9 avril dernier, Marine Le Pen déclarait  au « Grand Jury » RTL-LCI-Le Figaro « je pense que la France n’est pas responsable du Vel d’hiv’ ».

 

À ce moment-là, le vote juif pour le FN semblait s’éloigner, c’était sans compter sur les irréductibles juifs, prêts à voter pour n’importe quel candidat qui promettrait la main sur le cœur une protection.

 

JSS-News-FN-JewPop

 

Les appels désespérés aux « amis juifs » à rejoindre le rempart FN fonctionneront-t-ils ? À toutes fins utiles, celui qui aura décidé de comprendre « juifs » au lieu de « flics » a d’ores et déjà choisi son camp.

 

Tal Journo

 

© photos et visuels : copies d’écran Twitter / DR

Article publié le 18 avril 2017. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2017 Jewpop