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Le super-héros le plus nul de la planète s’appelle Shaloman

Par Chochana Toussaint - mardi 20 septembre 2016

Le super-héros le plus nul de la planète s’appelle Shaloman

 

 

 

En regardant le dernier Batman, j’ai essayé de m’imaginer le même, mais circoncis, amoureux de sa mère, avec une jewfro, une passion pour les fricassés et un accent plus Goulette City que Gotham City… (Ah, et sans la pénible Marion Cotillard, mais avec Beverly Boutboul)

 

Allez quoi, un super-héros juif bodybuildé et bien coiffé. Un juif qui pourrait porter son slip kangourou rouge par dessus ses collants sans être ridicule. Un genre de Superman, dont les muscles entretenus et frottés à l’huile d’olive feraient saliver la ménagère pendant qu’elle prépare son chabbat. Un juif qui chaque soir, sauverait une demoiselle en détresse avec ses gros bras costauds, la draperait dans sa cape et s’enverrait en l’air… Pardon, je veux dire, la promènerait dans les airs… Il lui ferait faire une balade et la ramènerait chez ses parents vers 22h17, après lui avoir respectueusement baisé la main.

 

Le cartoonist (si l’on peut qualifier ainsi celui dont les dessins ressemblent à ceux de mon neveu au CP) américain Al Wiesner s’y est essayé et il nous a pondu un f*** héros cacher Beth Din, à peu près aussi digeste qu’un cake Mémé Hélène de Pessah. Et il est tellement orthodoxe que même le Rabbi de Loubavitch mangerait chez lui. Ce super-héros n’est pas une invention tirée de mon cerveau malade, ce super-héros n’est pas non plus le mec de SefWoman, ce super-héros s’appelle SHALOMAN «The Kosher Crusader», et c’est le PIRE super-héros que le monde ait jamais porté.

 

 

Plus fort que mon grand-oncle Mahlouf au casque capillaire fixé au Pento, sa kippa reste scotchée sur son crâne même quand il vole. Il est fringué en justaucorps bleu et blanc, comme s’il allait parader à la gay pride de Tel-Aviv sur un air de TYP. Soit, on va dire que pour un super-héros juif, passe encore pour le code-couleur et la kippa super-glu 3, mais…

 

Shaloman ne sait même pas ce qu’est un séfarade. Pour l’appeler, il faut crier « Oi Vay! ». Comme si Beverly pouvait naturellement crier « Oi Vay! ». Et quand je  pense qu’il y a un épisode entier sur le vol de la recette du gefilte fish, ça me rend aussi malade que d’en manger. Mais surtout, SURTOUT, Shaloman est un f*** raciste, persuadé que tous les arabes sont des terroristes. Et les militants pour la paix aussi. Shaloman ne fait pas dans le détail. Plutôt dans le gros ou le demi-gros.

 

 

Si vous vous êtes récemment demandé comment un film pourri et quelques caricatures pouvaient provoquer des manifestations spontanées et violentes, lisez Shaloman. Vous comprendrez comment ce fort désir de tout foutre en l’air, mêlé à une intéressante sensation de nausée, peut conduire tout bon citoyen à faire ce qu’un vilain salafiste fait avec talent : manifester avec « fermeté » pour réinstaurer la censure.

 

Lecteur névrosé de Jewpop, toi qui ne va déjà pas très bien, si tu veux un bon conseil sur ce Shaloman, achète un bidon d’essence et un Zippo, et brûle-moi cette merde avant qu’elle ne te pollue l’esprit !

 

Chochana Toussaint

Florilège des couvertures de Shaloman les plus réussies :

 

 

 

 

 

 

 

 

© Visuels : Al Wiesner / Mark I Comics / DR

Article publié le 30 octobre 2012. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2016 Jewpop