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Shul on line

Par Charles-Henri Levy - jeudi 5 janvier 2012

Shul on line

 

 

Prier devant son écran d’ordinateur ou son iPhone en connexion avec des internautes juifs du monde entier n’est pas une utopie, mais  une nouvelle tendance qui se dessine aux USA. Sue Fishkoff, journaliste et auteur de « Kosher Nation », décrypte ce phénomène dans un excellent  article publié sur le site JTA (Jewish Telegraphic Agency), dont jewpop vous livre quelques extraits. Bienvenue dans le monde merveilleux des web-rabbins et des e-fidèles.

Rabbins blogueurs, enseignants de yeshivas adeptes de Twitter, applis iPhone et autres innombrables groupes Facebook dédiés aux diverses facettes de la religion juive… La toile de David se porte bien. Mais une nouvelle étape étonnante vient d’être franchie à l’initiative de jeunes juifs américains issus de l’univers libéral, avec la création de communautés religieuses on line animées grâce à toutes les technologies du web.

 

 

« C’est un avant-goût du futur » déclare Laura Baum, rabbin de 30 ans recrutée  en 2008 par la synagogue libérale Beth Adam de Cincinnati, dans le but de créer et  d’animer la communauté virtuelle OurJewishCommunity. Avec la participation du rabbin de la synagogue, Robert Barr, la jeune femme a lancé avec succès de nombreux projets : streaming en direct live de l’office du soir de Shabbat, publication d’un podcast hebdomadaire sur iTunes, interaction avec les e-fidèles via Twitter et Facebook, prodiguant sur Internet les conseils qu’un rabbin donne habituellement de vive voix à ses ouailles.

« Lors du Seder de Pessah de l’année passée, un internaute parisien a lu un passage de la Haggadah consacré à la matza, tandis qu’un new-yorkais lisait celui concernant le maror » raconte le rabbin Baum, ajoutant que pour le service de Yizkor de Yom Kippour, « de nombreux membres de OurJewishCommunity ont envoyé les noms et photos de leurs parents », qu’elle a diffusé en flux de streaming. « Depuis 2 ans, ces initiatives ont rassemblé des dizaines de milliers de Juifs originaires de plus de 150 pays », se réjouit le rabbin Baum.

 

 

Du côté d’Atlanta, Patrick Aleph et Michael Sabani, créateurs du site Punk Torah, ont déjà à leur actif la publication sur Youtube de nombreux et savoureux D’var Torah. Le 17 août, les deux leaders de Punk Torah ont lancé un appel afin de recueillir en 60 jours la somme de 5000$, nécessaire pour développer leur ambitieux projet de communauté virtuelle, OneShul. « Nous voulons construire quelque chose qui servira efficacement le plus de monde possible, avec le moins d’argent possible » déclare Michael Sabani. Plusieurs milliers d’internautes suivraient déjà leurs offices diffusés les lundi, mercredi et vendredi.

 

 

Ce concept audacieux de « do-it-yourself Judaism« , comme le nomme Sabani, n’est certes pas appelé à remplacer les modèles traditionnels de l’environnement « physique » de la synagogue, du rabbin et de sa communauté. Mais comme le rappelle Shawn Launders, fondateur de Jumpstart, incubateur de projets innovants dédiés au judaïsme, « Ces communautés n’existeraient pas si elles ne répondaient à un besoin croissant ».

Remarquant que l’un des défis auquel doivent faire face ces nouvelles communautés (tout comme les traditionnelles) est celui de la réunion d’un minyan (quorum de 10 hommes nécessaire pour célébrer l’office), Launders explique qu’ « à l’heure de Skype et des webcams, les échanges se trouvent métamorphosés, et qui peut encore dire ce qu’être réunis signifie aujourd’hui ? ».

 

 

Shawn Landres raconte sa réunion sur Skype, peu après le décès de son père, où les participants décidèrent de faire une pause pour  la prière de Minha. Ils l’invitèrent à réciter le Kaddish. « J’étais dans mon salon, en pyjama », explique Landres, « Ce fut une expérience extraordinaire ! J’ai profondément ressenti ce sentiment d’appartenance à une communauté et cette connexion avec les participants. Jamais je ne dirai que c’était irréel, que Dieu n’a pas entendu cette prière. Peut-être devons nous réviser notre conception de la réalité ».

Si ces projets semblent promis à un bel avenir aux Etats-Unis, où les mouvements libéraux restent particulièrement créatifs, le terrain est encore vierge du côté du judaïsme francophone… De quoi donner des idées à tous ceux qui auraient un peu de mal avec l’accent hébreu made in USA.

 

  • Andre

    C'est déjà bien compliqué ici, entre les communautés tunisiennes, marocaines, algériennes, polonaises, alsaciennes… de trouver chaussure à son pied. Voilà la solution !

  • Eliott

    Pas évident, avec le décalage horaire ! On fait comment, quand Min'ha tombe 6h plus tôt à NY ? :-)
    Trêve de plaisanterie, c'est bien sympa, ce genre d'initiative. Cela dit, beaucoup de libéraux très dynamiques aux USA, et chez nous, c'est encore le bon vieux système consistorial qui fait loi.

  • Anonymous

    Et comment on fait pour y brancher des meufs ? parce que la syna, c'est aussi un lieu de rencontres 😉