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Sous la soucca, de faire ça tu t’abstiendras

Par The SefWoman - dimanche 23 octobre 2016

Sous la soucca, de faire ça tu t’abstiendras

 

 

Ayé Kippour est fini. Le coing qui est censé te requinquer pendant le jeûne de Kippour a passé le témoin au loulav. Un joli geste sportif qui aurait mérité la une de l’Equipe.  C’est Souccoth, tu sais, cette fête où on se doit d’habiter dans la soucca, d’y prendre les repas et d’y dormir. On est censé y passer un max de temps. Mais attention, il n’est pas permis d’y faire certaines choses.

 

 

– La décorer façon « D&CO » : quitte à passer 7 jours dans une cabane, autant qu’elle soit « confort ». Inutile de tourner à l’intérieur en faisant des grands gestes pour délimiter un coin « salon » avec de jolis poufs « Roche Bobois ». Illusoire de tenter de caler Valérie Damidot pour un relooking des murs en taupe et violet, et marouflage de grande maguen David. Une soucca, c’est décoré comme une soucca. Résultat, tu vas bouffer avec au-dessus de ta tête des citrons et des bananes en plastiques, qui, en plus d’être décoratifs, te permettent de mesurer la force du vent et la température extérieure, parce que toi, avec ta doudoune, tes moufles et ton bonnet, tu sens rien.

 

 

– Faire l’amour : Ben faut aller demander au rabbin. Allez, vas-y, je suis là, juste derrière toi, je te soutiens du regard. C’est simple, suffit de lui dire : « Heu… Monsieur le Rabbin, c’est une question comme ça, par curiosité, on peut faire Hum Hum sous la soucca… Avec sa femme évidemment ?». Bon ben comme on sait que tu ne lui demanderas jamais, je te donne ma réponse : vaut mieux éviter pour cette simple et unique raison : tes voisins non-juifs voient d’un très mauvais œil cette extension « peu conforme au règlement du syndic ». Ils ne communiquent avec toi que par lettre en A/R. Quand tu entonnes le birkat, ils appellent les flics pour « tapage nocturne ». Alors tes ébats… N’y compte même pas.

 

 

– Lancer un débat sur l’avenir de la gauche israélienne : ah, les fins de repas de Yom Tov sous la soucca. La maîtresse de maison ramasse les cadavres de Cabernet Sauvignon en s’excusant pour la énième fois de vous avoir servi  dans des assiettes en plastique « mais c’est vrai que c’est tellement plus pratique quand on a du monde ». le maître des lieux se lèvera pour aller chercher une flamme existante pour allumer sa cigarette. C’est le moment où tout le monde parle de tout et de rien. Et toi, va savoir pourquoi, tu as envie de parler de « la gauche en Israël ». Et là, stupeur de l’assistance d’où s’échapperont des phrases comme « La quoi ? la gau-che. Non je vois pas ». « C’est pas une légende ? Je pensais que c’était comme le dahu… ». Tu auras beau leur parler de « Rabin », « Peres » etc… Et là, un espoir, un des convives t’interpelle, « mais si, c’est pas un petit resto à la sortie du Shouk de Tel Aviv ? ».

 

 

– Manger un Mac Do : qui dit manger (presque) dehors, dit souvent « pique-nique ». Je sais, c’est hyper tentant de passer au Mac Do pour commander deux fishs, un grand coca et trois portions de potatoes. Le hic, c’est que sous la soucca, ça se fait de manger casher. Promets-moi donc, si tu décides d’aller manger sous la soucca de Sarcelles (au hasard) une boîte Pizza Hut à la main, avec écrit dessus « supplément pepperoni », tu m’appelles. Je veux être là pour filmer la scène et la mettre en ligne sur youTube. Si vraiment on voit que personne ne réagit, je monterai sur une chaise avec un mégaphone juste avant le birkat collectif pour dire « mesdames, messieurs, bonsoir, chana tova, c’est pour un sondage. Qui est pour le mariage entre deux personnes du même sexe ? Merci de bien lever la main pour qu’on vous compte ». Tu verras, ça va être super.

 

The SefWoman

Ma philosophie se situe entre « A Kippour tout le monde pardonne, sauf moi » (Raymond Bettoun) et « Dieu n’existe pas, mais nous sommes son peuple » (Woody Allen)

 

 

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 Article publié le 1er octobre 2012, tous droits de reproduction et de représentation réservés.
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