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Comment Coca-Cola devint casher pour Pessah

Par Lara Granat - Mardi 15 avril 2014

Comment Coca-Cola devint casher pour Pessah

 

 

 

La formule secrète du Coca-Cola est, comme son nom l’indique, secrète. Sauf pour le rabbin Tobias Geffen, à qui la composition du légendaire soda fut révélée voilà 70 ans, afin que la boisson puisse recevoir le label casher. Une histoire étonnante, racontée par l’historien et journaliste israélien Tom Segev dans Haaretz.

 

Le rabbin Tobias Geffen vécut centenaire. Il est né en 1870 et décéda en 1970. Durant soixante et quelques années de sa vie, il résida à Atlanta, capitale de l’Etat de Géorgie mais aussi berceau de Coca-Cola.

Tobias Geffen a publié maints ouvrages et fut considéré, aux Etats-Unis, comme un important juge de la halakha – la loi juive. Mais il est surtout resté célèbre pour avoir publié, en 1935, une décision rabbinique certifiant le caractère casher du Coca-Cola, et permettant également sa consommation durant la fête de Pessah.

 

Le rabbin Tobias Geffen

 

L’histoire est mentionnée  dans une biographie du rabbin écrite par sa petite fille, Ruth Adler. Le rabbin Geffen fut l’une des rares personnes au monde à avoir le privilège de découvrir la formule secrète de la boisson, une formule jalousement préservée par la firme d’Atlanta depuis son invention par son créateur, le pharmacien John Pemberton, en 1887. A l’origine, le soda n’était qu’un remède contre les problèmes gastriques.

Promettant de respecter le secret de fabrication, le rabbin Geffen, ne fit référence qu’à deux éléments des composants de base de la boisson,  par un nom de code : « Moris » – pour une épice connue depuis l’ère romaine – et « Anigron  » – un aliment mentionné dans le Talmud. Il identifia le premier comme une graisse de type animal et le second comme un dérivé de graines, impropre pour Pessah.

Alors, pour permettre la certification de la boisson tout au long de l’année et en particulier durant cette fête, Coca-Cola remplaça « Moris » par un équivalent végétal, et « Anigron » par un dérivé du sucre de canne (ndlr : une formule inchangée depuis, à l’exception d’une modification concernant une substance chimique, le 4-methylimidazole (4-MEI), qui sert à colorer la boisson, et dont le fabricant s’est récemment engagé à diminuer la présence dans sa recette, cette substance étant suspectée d’être cancérigène).

 

Traduit de l’anglais pour Jewpop par Lara Granat, d’après un article de Tom Segev publié dans Haaretz.


© photos : DR

Article publié le 3 avril 2012. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2014 Jewpop