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Agression à Aubagne du réalisateur israélien Yariv Horowitz : qui dit vrai ?

Par Alain Granat - dimanche 31 mars 2013

Agression à Aubagne du réalisateur israélien Yariv Horowitz : qui dit vrai ?

 

 

D’après Haaretz, de jeunes français d’origine maghrébine auraient agressé le 21 mars à Aubagne Yariv Horowitz, réalisateur israélien venu présenter son long-métrage Rock The Casbah lors du Festival du film d’Aubagne. Juste un fait divers, ou bien un acte anti-israélien prémédité ? La victime a exprimé ses doutes à ce sujet dans les colonnes du quotidien israélien , expliquant sa crainte de se rendre à Paris pour l’ouverture du Festival du cinéma israélien le 3 avril, où son film doit être projeté. Jewpop a d’abord relayé cette information, se basant sur la crédibilité d’un journal réputé comme Haaretz. La déléguée générale du Festival du cinéma d’Aubagne, Gaëlle Rodeville, a contredit les faits présentée par Horowitz, parlant de « désinformation ». Dans l’état actuel des informations à notre disposition, celles-ci semblent malheureusement confuses de part et d’autre.

 

Traduction et adaptation de l’article de Haaretz par Noa Benattar

 

Selon le quotidien israélien Haaretz, l’agression aurait eu lieu juste après la projection du film. Selon le réalisateur, il s’agirait de « jeunes arabes » (ndlr : traduction littérale des termes utilisés dans l’article, tel qu’on peut la retrouver également sur les sites anglophones qui ont relaté l’événement. Nous avons volontairement laissé cette transcription, mais la dénomination « jeunes français d’origine maghrébine » serait plus conforme) et certains auraient peut-être même assisté a la projection.

 

Horowitz a raconté qu’après la projection, il se promenait dans une rue proche du lieu du festival avec le musicien Assaf Amdursky, qui a composé la musique du film. « Nous voulions tirer de l’argent, quand tout a coup sont arrivés en face de nous une bande de jeunes. Ils ont commencé à crier dans ma direction « Fuck you! », avec un accent arabe. Assaf m’a dit de les ignorer, mais j’ai finalement répondu « Fuck you too », et là, ils se sont jetés sur moi, m’ont fait tomber, m’ont battu et j’ai perdu connaissance suite a un coup que j’ai reçu sur la tête. Il était clair qu’il s’agissait d’arabes et qu’ils étaient saouls ».

 

Horowitz explique que le lendemain, lors d’une fête organisée dans le cadre du festival, l’un des chauffeurs employé par les organisateurs s’est présenté a lui, et lui a dit être au courant de l’agression par le biais de sa fille. « Il est d’origine maghrébine », poursuit Horowitz, « et m’a dit que des amis de sa fille se sont envoyés des SMS la veille au sujet de l’attaque ». Selon le réalisateur, « au moins un ou deux des agresseurs étaient présents lors de la projection du film et m’ont vu monter sur la scène ».

 

« Ce qui m’effraie le plus » ajoute-t-il, « c’est que c’est justement dans ces conditions extrêmes, toute la presse va se réveiller soudainement ». Horowitz conclut en expliquant qu’il hésite a se rendre à Paris comme prévu pour la projection de son film au Festival du cinéma israélien de Paris, qui s’ouvre le 3 avril avec la projection de Rock The Casbah. « J’hésite, parce que je sais que d’ici mon arrivée à Paris, toute l’histoire va être très médiatisée, et je crains qu’il n’y ait des gens au sang chaud qui viennent se défouler sur moi. Certes, l’attaque n’était peut-être pas de nature anti-israélienne, mais je ne sais pas jusqu’où cela peut aller. Ce qui est absurde, c’est que mon film est le plus pacifiste qui soit. Je me retrouve dans une situation très bizarre ».