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10 raisons de choisir (ou pas) l’alyah en Russie

Par Alain Granat - lundi 2 janvier 2017

10 raisons de choisir (ou pas) l’alyah en Russie

 

Après l’Espagne, c’est désormais au tour de la Russie, par la voix de son tsar Poutine, d’inviter les juifs européens à quitter leurs pays respectifs pour une Matouchka Rossia censée être plus philosémite et accueillante, venant ainsi concurrencer dangereusement l’Agence juive. Jewpop vous donne les 10 raisons de choisir (ou pas) la Russie pour faire votre alyah.

 

1/ Les Russes ne sont plus antisémites

 

 

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Oublions les pogroms, procès des blouses blanches et autre amour immodéré des Ukrainiens pour les juifs (oui, je sais, même si Poutine a tout fait pour, l’Ukraine n’est pas encore partie intégrante de la « Sainte-Mère »…). Aujourd’hui, la Russie serait Jew Friendly, du moins en apparence. Quant aux russes antisémites, certains ont déjà fait leur alya en Israël. Nous vous conseillerions néanmoins d’être prudent au vu des perspectives économiques peu reluisantes du pays. Parions que d’ici peu, la crise qui frappe violemment aux portes de Moscou sera encore de la faute des juifs. Non non, je ne suis pas parano, juste lucide.

 

2/ En Russie, Il n’y a pas d’attentats antisémites

 

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Certes, mais les Russes ont aussi leurs terroristes islamistes, principalement Tchétchènes. Souvenons-nous des 128 morts du Théâtre de Moscou en 2002 et des 39 morts du métro moscovite en 2010.  Vous me rétorquerez qu’on ne se fait pas attaquer à la machette parce qu’on porte une kippa à Moscou, ni faucher par une voiture-bélier comme à Jérusalem, et vous n’aurez pas tort. Je n’aurais pas l’outrecuidance de vous répondre « Paris vaut bien une messe », c’est vous qui voyez.

 

3/En Russie, je n’entendrai parler ni d’islamophobie ni du BDS

 

 

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Bah oui, là vous marquez un point. Vladimir, c’est pas le genre à se laisser emmerder. La formation KGB, ça laisse des traces, et l’époque bénie de l’ex-URSS où Mahmoud Abbas étudiait l’Histoire à l’université de Moscou pour pondre une thèse négationniste est bien révolue. Et ce n’est pas devant le Théâtre Bolchoï que le BDS irait s’amuser à distribuer ses tracts, on vous l’accorde. Après, si l’argument « il y a moins d’Arabes en Russie qu’en France et en Israël » vous motive, on vous laisse partir bien volontiers.

 

4/ En Russie, je pourrai me convertir plus facilement au judaïsme

 

 

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Là vous avez tout faux. Sous le régime Poutine, ce sont les orthodoxes qui ont le vent en poupe. Berl Lazar, devenu par la grâce de Poutine « Rabbin Principal de Russie », est issu du mouvement Loubavitch. Si vous vous êtes fait(e) retoquer au Consistoire, ne pensez pas l’attendrir en lui expliquant que vous ne retrouvez pas la ketouba de vos arrières-grands-parents originaires de Novossibirsk, sous le prétexte fallacieux qu’une bande de cosaques ivres (pléonasme) aurait brûlé toute la famille, ketouba comprise. Sans vouloir remuer le sabre dans la plaie, vous auriez du vous y prendre plus tôt et vous installer en Russie quelques années auparavant. Et faire comme une bonne moitié des Russes qui ont constitué la plus grande vague d’alya de ces dernières années en Israël. L’État hébreu a été moins regardant sur les ketoubot à l’époque…

 

5/ En Russie, je pourrais porter mon vison sans me faire insulter

 

 

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L’argument est imparable. Ce vison (« visou », si vous êtes ashkénaze) vous est cher, et vous ne supportez pas l’idée qu’une bande de jalouses vous lancent des regards haineux, voire de la peinture, si vous l’arborez en France. En Russie, vous le porterez au moins une bonne moitié de l’année. Autrement dit vous allez grave vous peler les miches. Vous me répondrez qu’il y a une forte communauté juive marocaine à Montréal, et qu’ils supportent bien le froid glacial canadien. On s’habitue à tout. Même passer de la boukha à la vodka sans douleur.

 

6/ Le russe est plus facile à apprendre que l’hébreu

 

 

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Détrompez-vous. Si les deux langues possèdent un alphabet différent de l’alphabet latin, ce qui complique déjà bien les choses, le russe est autrement plus difficile à maîtriser que l’hébreu. Et au risque de vous inquiéter, autant à Raanana on vous répondra direct en français quand vous demanderez votre chemin après une année d’oulpan, autant à Moscou, vous pouvez toujours attendre.

 

7/ Je suis gay, je serai plus heureux en Russie

 

 

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Sous ses airs d’icône gay, Poutine n’est pas vraiment Gay Friendly. Et la Russie carrément homophobe. Optez plutôt dans ce cas pour Tel-Aviv.

 

8/ En Russie, je retrouverai mes racines

 

 

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Vous regrettez l’époque où vos ancêtres se terraient chez eux au moment de Noël et de Pâques ? Vous regrettez les purges staliniennes ? Vous êtes Rony Brauman ? Une bonne analyse vous est conseillée par Jewpop, contactez-nous en privé, on vous conseillera d’excellents praticiens.

 

9/ Je suis fan de Mireille Mathieu

 

 

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Nous aussi. mais ce n’est pas une raison suffisante.

 

10/ Je serai le Meyer Habib de Poutine

 

 

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Là, vous marquez un point, voilà un excellent plan de carrière. Si les juifs de France affluent en Russie, Poutine aura forcément besoin d’un conseiller influent et efficace. À vous la datcha, les week-end luxueux sur les rives de la mer Noire près du village de Praskoveïevka, les accompagnatrices de rêve et autres pirochkis à gogo. Notre conseil : soignez votre coiffure, Poutine déteste le genre négligé.

 

Alain Granat

© photos : Reuters / DR

Article publié le 21 janvier 2016. Tous droits de reproduction et de représentation réservés © 2016 Jewpop